Contrôle technique moto : quelle année vérifier ?

135 euros d’amende, l’immobilisation du véhicule et une échéance qui ne laisse aucune marge de manœuvre : pas de place pour l’improvisation, le contrôle technique moto est désormais une réalité pour des centaines de milliers de motards français. La réglementation, entrée en vigueur le 15 avril 2024, cible d’abord les deux-roues les plus anciens : ceux immatriculés avant 2017. Les modèles antérieurs à 2016 passent les premiers sur le banc, puis les générations plus récentes suivent, étape par étape. Sanction immédiate en cas de manquement, sans compter la perspective d’un véhicule immobilisé sur le bord de la route.

Certains véhicules échappent à cette nouvelle règle : motos réservées à la compétition ou appartenant à l’armée, par exemple. Pour tous les autres, les points de contrôle sont clairs et stricts, axés sur la sécurité, les émissions polluantes et le niveau sonore. Le tout, selon un protocole détaillé dans l’arrêté du 23 octobre 2023.

Comprendre les nouvelles obligations du contrôle technique moto

Depuis le printemps 2024, le contrôle technique moto s’impose à l’ensemble des véhicules regroupés sous la catégorie L. Cela inclut les motos, scooters, quads, voitures sans permis, cyclomoteurs et tricycles à moteur. Le cadre légal, décret n°2023-974 et arrêté du 23 octobre 2023, a été bâti en conformité avec la directive européenne 2014/45/UE. Mais la France va plus loin : ici, même les cyclomoteurs de moins de 50 cm³ sont concernés, alors que la directive européenne ne vise que les 125 cm³ et plus.

Ce nouveau passage obligé poursuit trois buts : garantir une meilleure sécurité sur la route, limiter l’impact environnemental et réduire le bruit. Tous les motards, scootéristes, propriétaires de quads ou de voitures sans permis devront donc se rendre dans un centre de contrôle technique agréé, et cela inclut les véhicules électriques.

Le texte prévoit toutefois des situations particulières. Les motos de compétition (enduro, trial) peuvent bénéficier d’une exemption, à condition de présenter une licence délivrée par la Fédération Française de Motocyclisme. Les véhicules de collection, mis en circulation avant 1960 et dotés d’une carte grise mentionnant « collection », profitent aussi d’un régime spécifique.

Une proposition du Conseil de l’UE laisse entrevoir, à l’horizon 2025, la possibilité pour chaque État de dispenser certains deux-roues de plus de 125 cm³. Pourtant, la France ne lâche rien pour l’instant : tous les véhicules de catégorie L restent concernés au moins jusqu’en 2026. La vigilance s’impose donc pour tout propriétaire, sous peine d’amende et de mise à l’arrêt du véhicule.

À quelle date devez-vous faire vérifier votre moto ?

Un calendrier précis s’applique au contrôle technique moto : le premier contrôle doit être effectué dans les cinq ans qui suivent la première immatriculation. Cette règle concerne l’ensemble des véhicules de catégorie L : moto, scooter, quad, voiture sans permis, cyclomoteur ou tricycle à moteur. Après ce premier rendez-vous, la périodicité passe à trois ans pour les visites suivantes.

Pour les véhicules de collection, le rythme s’adapte : une visite tous les cinq ans, à condition que la carte grise mentionne bien « collection » et que la première mise en circulation remonte à avant 1960. Les motos de compétition, elles, restent en dehors du dispositif si elles disposent d’une licence FFM.

Un point mérite l’attention : à partir du 1er mars 2026, les cyclomoteurs 50cc devront passer un contrôle de vitesse obligatoire. Un test au céléromètre viendra vérifier la conformité avec la limitation à 45 km/h.

Catégorie Premier contrôle Fréquence
Moto, scooter, quad, etc. Dans les 5 ans après immatriculation Tous les 3 ans
Véhicule de collection Dans les 5 ans après immatriculation Tous les 5 ans
Cyclomoteur 50cc Dans les 5 ans après immatriculation Tous les 3 ans (contrôle vitesse dès 2026)

Pensez à vérifier la date de première mise en circulation sur la carte grise : cette échéance ne fait aucune distinction, pas même pour les modèles électriques. Un simple retard, et la sanction tombe.

Les points essentiels à préparer avant le contrôle technique

Avant de vous présenter au centre, un passage en revue méthodique s’impose. Le contrôle technique moto ne laisse aucune place à l’approximation : chaque point vérifié peut faire la différence entre un passage sans encombre ou une contre-visite.

L’identification constitue le premier filtre : plaque d’immatriculation parfaitement lisible, numéro de châssis conforme, carte grise à jour. Les centres agréés ne valident rien si l’un de ces éléments fait défaut.

La sécurité reste au cœur du protocole. Freins, direction, visibilité : rien n’est laissé au hasard. Disques, plaquettes, leviers de frein doivent fonctionner parfaitement. Pas de tolérance sur les jeux de direction ou les roulements fatigués. Les rétroviseurs, clignotants, phares et feux doivent être en état de marche, sous peine de refus immédiat.

Les roues et les pneus réclament une attention particulière : contrôle de la pression, état des gommes, absence d’usure irrégulière. La suspension doit être irréprochable, sans fuite ni faiblesse. Le moindre défaut ici, et le contrôleur impose une contre-visite.

Les émissions polluantes et le niveau sonore sont désormais au cœur de la surveillance. Un échappement trop bruyant ou une pollution excessive, et la sanction tombe. Même les modèles électriques sont examinés selon leur propre grille de critères.

Voici les vérifications incontournables à effectuer avant votre rendez-vous :

  • Carte grise à jour
  • Équipements de freinage et direction impeccables
  • Pneus conformes, sans usure excessive
  • Éclairage complet et fonctionnel
  • Pollution et bruit dans les clous

Le tarif du contrôle technique varie, généralement entre 50 et 80 euros selon le centre et la région. Ne vous présentez que dans un centre agréé : seul ce type d’établissement délivre un procès-verbal valable.

Femme vérifiant un document sur sa moto classique en extérieur

Anticiper pour éviter les sanctions : conseils pratiques et rappels importants

Reporter ou négliger le contrôle technique moto expose à des conséquences immédiates. L’amende atteint 135 €, assortie d’une possible immobilisation du deux-roues. Les contrôles sont facilités par l’accès direct des forces de l’ordre au fichier des véhicules : la sanction peut tomber à tout moment.

Trois issues sont possibles après la visite : verdict favorable, défaut majeur (qui impose une contre-visite sous deux mois), ou défaut critique. Dans ce dernier cas, l’interdiction de circuler prend effet sans délai, le temps de remettre la moto en conformité. Ici, la sécurité prime sur tout le reste.

Autre point de vigilance lors de la vente d’un véhicule de plus de cinq ans : un contrôle technique de moins de six mois est requis pour conclure la transaction. Cette étape protège l’acheteur et bloque la vente en cas d’absence de document.

Côté assurance, le défaut de contrôle technique peut peser lourd en cas d’accident : certaines compagnies refusent d’indemniser ou réduisent la prise en charge. Mieux vaut anticiper, préparer chaque passage, et planifier la prochaine visite dès la réception du procès-verbal.

Pour garder l’esprit tranquille et éviter les mauvaises surprises, gardez en tête ces points stratégiques :

  • Effectuez le contrôle dans un centre agréé uniquement
  • Respectez les délais : cinq ans après la première immatriculation, puis tous les trois ans
  • Contre-visite en cas de défaillance majeure, interdiction immédiate si critique

Le contrôle technique moto s’est imposé dans le paysage : désormais, chaque motard jongle avec le calendrier, les vérifications et la peur de voir sa machine immobilisée. Préparer sa moto, c’est aussi préserver son droit de rouler librement. Le nouveau rituel est lancé : à chacun de s’en saisir pour circuler sans craindre la prochaine vérification.