Bien utiliser le start and stop pour optimiser votre conduite

Le principe de démarrage et d’arrêt bouscule la routine des moteurs thermiques : à l’arrêt, il coupe net, puis relance la mécanique sans que le conducteur ait à lever le petit doigt. Cette technologie, baptisée « start and stop » (S&S), s’est invitée à bord de presque toutes les voitures récentes, promettant une baisse de la consommation de carburant et une réduction des émissions polluantes à chaque feu rouge. Sur le papier, le tableau est séduisant. Mais, une fois le capot refermé, tient-il ses promesses ? Comment fonctionne réellement ce système ? Faut-il s’équiper différemment ?

Qu’est-ce que le système Start&Stop ?

Le start and stop se déclenche dès que le véhicule s’immobilise, par exemple à un feu ou en cas d’embouteillage. Sur une voiture à boîte manuelle, le moteur coupe automatiquement lorsque le point mort est engagé et que la pédale d’embrayage est relâchée. Il suffit de réenclencher l’embrayage pour que le moteur reparte. Côté boîte automatique, la coupure intervient aussi à l’arrêt, tant que le conducteur maintient la pression sur la pédale de frein. Le redémarrage s’effectue dès que cette pression est levée.

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Pour mieux comprendre, une courte vidéo explique ces mécanismes en images. Selon la marque, le système change de nom, mais le principe reste le même :

  • BMW : EfficientDynamics
  • Hyundai : Blue Drive
  • Volkswagen : Mouvement bleu
  • Renault : ENERGIE
  • Mercedes : BlueEFFICIENCY
  • Seat : Ecomotive
  • Ford : SSA
  • Fiat : S & S
  • Opel : Démarrer/Arrêter ecoFLEX

Quels changements techniques sous le capot ?

Tout ce dispositif est orchestré par l’unité de commande du moteur, épaulée par une batterie spécifique gorgée de capteurs.

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1) Démarreurs et alternateurs adaptés

Deux options existent : le démarreur renforcé, ou le démarreur-alternateur combiné. Ce dernier, plus discret et réactif, marie alternateur et démarreur en un seul bloc. Un démarreur S&S doit supporter un nombre de sollicitations largement supérieur à la normale, on parle parfois d’une multiplication par dix. Certains modèles se reconnaissent à leur bruit plus sec, surtout lors du relâchement de l’embrayage. Les vibrations sont également plus présentes avec ce système, ce qui explique l’adoption de démarreurs-alternateurs sur de nombreux modèles récents.

2) Batteries surdimensionnées

L’alimentation du S&S repose sur la batterie, qui doit répondre à des exigences bien plus élevées. Les constructeurs ont donc développé des batteries « renforcées », de type AGM (« Absorbent Glass Mat ») ou EFB (Enhanced Flooded Battery).

Les batteries AGM sont privilégiées pour les véhicules équipés de nombreux équipements électriques : elles peuvent être rechargées rapidement grâce à l’énergie récupérée au freinage. Les modèles plus sobres se contentent généralement de batteries EFB, adaptées à un usage S&S mais dépourvues de fonctionnalités haut de gamme.

Attention : lors d’un remplacement, il faut impérativement choisir une batterie aux caractéristiques équivalentes. Une AGM peut se substituer à une EFB, mais l’inverse n’est pas possible.

3) Capteurs multiples

Le bon fonctionnement du S&S dépend d’une nuée de capteurs, chargés de vérifier en permanence l’état du véhicule. Parmi eux :

  • Le capteur de position du levier de vitesse : le moteur ne se coupe que si le point mort est engagé.
  • Le capteur de vitesse de roue (ABS) : il détecte l’arrêt complet du véhicule et communique l’information au capteur de vilebrequin.
  • Le capteur de batterie (EBS) : il évalue en temps réel la santé de la batterie.
  • Le capteur de vilebrequin : il confirme l’activité ou l’arrêt du moteur.
  • Le capteur de pression du système de freinage (Mastervac) : il évite que le moteur ne coupe si la pression n’est pas suffisante pour garantir un redémarrage sûr.

4) Filtre à carburant adapté

Les démarrages répétés sollicitent fortement le filtre à carburant, exposé à davantage de vibrations et de variations de pression. Sur les modèles S&S, il bénéficie donc d’une conception renforcée, plus résistante et mieux étanche.

Pourquoi le moteur ne s’arrête-t-il pas systématiquement ?

Le passage en veille du moteur n’est jamais automatique à chaque arrêt. Avant de couper, le système analyse une multitude de paramètres : température extérieure, état de la batterie, pression sur les pédales, température moteur, etc. Sur certaines voitures à boîte automatique, le moteur peut même anticiper la reprise du trafic en redémarrant dès que la voiture précédente avance, voire lorsque deux véhicules bougent devant vous.

Un voyant lumineux indique alors que le S&S est actif. Cependant, il existe de nombreuses situations où le système reste muet. Voici quelques cas fréquents :

  • La climatisation ou la ventilation fonctionne à plein régime
  • La marche arrière est engagée
  • La température extérieure passe sous les 5°C
  • La ceinture du conducteur n’est pas attachée
  • La batterie est trop faible ou vient d’être changée (dans ce cas, il faut rouler un peu avant de retrouver la fonction S&S)
  • Le dégivrage est enclenché
  • La voiture tracte une remorque
  • L’arrêt intervient en forte pente
  • Le moteur n’a pas encore atteint sa température optimale

En pratique, les petits trajets répétés empêchent la batterie de se recharger suffisamment. Résultat : le S&S se déclenche rarement, faute d’énergie disponible.

Peut-on désactiver le système ?

Désactiver le S&S reste possible via un bouton dédié sur le tableau de bord :

Information : à chaque redémarrage du moteur après arrêt complet, le système se réactive par défaut.

Les atouts et limites du start&stop

Pour clarifier les bénéfices et les freins, voici un aperçu contrasté de ce que propose ce dispositif.

Avantages

  • Silence complet à l’arrêt
  • Baisse de la consommation en ville, estimée de 6 à 15 % lors de multiples arrêts prolongés
  • Émissions de CO2 réduites d’environ 8 g/km en moyenne

Inconvénients

  • Batterie plus chère et durée de vie raccourcie
  • Multiplication des cas où le système ne s’active pas
  • Risque accru de pannes électroniques
  • Nécessité de reprogrammer l’ECU lors d’un changement de batterie

Mon point de vue sur le start&stop

Pour ma part, la technologie start and stop me laisse sur ma faim. Je conduis encore une voiture qui en est dépourvue, et d’après les retours de mon entourage, la promesse d’une économie de carburant spectaculaire reste assez théorique. Ce gain dépend étroitement des habitudes de conduite. Sur un trajet urbain ponctué d’arrêts fréquents, la sensation de confort, moteur éteint dans les bouchons, est réelle. Mais c’est justement ce scénario, celui des petits trajets urbains, qui fragilise le plus la batterie, incapable de se recharger pleinement entre deux coupures. Les constructeurs ont bien tenté d’y remédier en misant sur la récupération d’énergie au freinage, mais ces batteries spécifiques coûtent cher et s’usent plus vite qu’une batterie standard.

Un constat s’impose : ce système semble pensé d’abord pour satisfaire aux normes, pas forcément pour faciliter la vie de l’automobiliste. Remplacer une batterie S&S impose souvent un passage chez le professionnel, alors que l’opération était autrefois réalisable chez soi pour moins cher, avec moins de risques électroniques. La multiplication des capteurs, si elle rend le dispositif plus intelligent, démultiplie aussi les points de défaillance potentiels.

À vous maintenant de juger si la promesse du start and stop est tenue : avez-vous noté un vrai changement au quotidien, ou est-ce un effet d’annonce qui laisse sur sa faim ?